Intervention du Père Jean-Michel Poirier

Tout d’abord, nous remercions chaleureusement le Père Poirier pour son intervention . Il est difficile de rendre compte de l’apport du Père Poirier, de traduire la profondeur et la nouveauté de l’approche de la foi chrétienne qu’il nous a proposée.
Voici, malgré tout, quelques éléments pour ceux qui n’ont pu participer à la journée de rentrée du 23 septembre.

Le thème d’année : imaginer, inventer, innover.

La méditation : la Trinité.

Il y a deux visions de Dieu, de l’Église, de la société.
Une vision immobile : Dieu est immuable, l’Église est de toujours, cela défend une vision de l’homme et de la société : défendre des valeurs, conception pyramidale ; les médias voient l’Église comme réactionnaire.
Une vision dynamique : un mouvement, qui nait de Dieu, qui accepte le risque, la trinité est mouvement, échange, innovation.
Quelle image donne-t-on de Dieu, de l’Église, de la société ? Il y a beaucoup d’affrontements, même le Pape est contesté, mais il faut dialoguer, accepter de voir son point de vue contesté et modifié.
Il faut du jeu. Y a-t-il du jeu en Dieu et avec Dieu ? Découvrir quelque chose de neuf sur Dieu nous permet de s’ouvrir au neuf.
Dans le livre des proverbes, 8, 22-31, la Sagesse parle comme une personne, elle préexiste au monde. Et le surprenant est que la Sagesse joue.
Des choses nous paraissent gratuites dans la création :
– La raison ne rend pas compte de tout
– La fantaisie peut être raisonnable
Le jeu est un lieu de développement.

Contempler Dieu dans sa vie trine.
Dieu n’est pas monolithe, il y a du jeu, il est je, tu, il.
Dieu est communion, l’Église est communion, pas un alignement : il y a Pierre, Paul, Jacques… L’Église est icône de la Trinité, n’est pas univoque. Il y a communion dans la différence : le Père n’est pas le Fils, qui n’est pas l’Esprit… La perfection de la communion est l’amour, qui n’est pas une perfection mécanique. La vie de la Trinité est ouverte sur l’extérieur : Dieu crée ce qui n’est pas lui pour entrer en communion.
Dieu trine, amour, créateur, qui s’ouvre…(« augmenté »par l’homme ?…)
Rm8, 22 : la création est enfantement, on est dans une dynamique de développement, de fécondation.

Continuer la création…à nous de jouer ! (titre de l’article du Courrier N°183, pp 6-7)
Dans le premier récit de la Création, Dieu crée par la parole.
Il crée l’homme le sixième jour, mais il y a le septième jour : ce n’est pas l’homme qui couronne la Création, c’est le sabbat, (Moltmann). Le septième jour, Dieu se repose, dans le silence d’accomplissement, pour laisser la Création exister devant lui : l’abstention de faire par l’abstention de la parole.
Dieu se détache de ce qu’il a fait pour laisser ce qu’il a fait exister, c’est-à-dire se développer. C’est la préparation du huitième jour, l’autonomie de la Création.
Dans le second récit de la Création, Dieu place l’homme dans un jardin pour le travailler et le garder :

  •  Le travailler : donc le transformer. On ne peut avoir une conception conservatoire.
    Dans l’Ancien Testament, bien que la « terre promise » procure du « lait et du miel », il reste à la cultiver.
    Dans l’Évangile, le « disciple bien-aimé » fait figure de disciple idéal, une figure ouverte destinée à être habitée.
    On ne peut avoir une idée conservatoire de Dieu.
  • Le garder : on peut inventer, on ne peut pas tout faire.
    Il s’agit d’éviter la fusion, pour éviter la confusion ( Paul Ricoeur). Il faut une limite, un interdit pour que le jeu puisse opérer. La limite permet la communion. Dire ce qu’il ne faut pas faire, le décalogue, libère : tout le reste est possible. Dire ce qu’il faut faire emprisonne (Paul Beauchamp). La loi pose des interdits pour ouvrir des espaces.
    Il est plus judicieux d’éveiller les consciences plutôt que de multiplier les lois. Et on ne peut faire l’économie de la réflexion éthique.

La révélation chrétienne : l’homme est en devoir d’inventer mais en écoutant Dieu, en lui répondant, en entrant dans sa communion.

Échanges :

  •  Dieu n’est pas que Père, il est aussi Fils et Esprit.
  •  Le rapport à la loi se structure en famille. La loi est donnée pour faire grandir dans la liberté. Lors de la sortie d’Égypte et l’Exode, Dieu commence par libérer puis rassure en donnant la loi.
  • Les chrétiens doivent être des chercheurs. Dès l’Ancien Testament Dieu invente : on doit inventer comme Dieu.
  • Dieu peut recalculer l’itinéraire, à partir de nos inventions ou errements, à la manière du GPS.
  • Innover pour accomplir.

Ghislaine HENRY, pour le comité de Territoire de Toulouse

ACI Toulouse: compte-rendu de la réunion de rentrée du 23 septembre 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *